La glutamine, l’acide aminé du sportif

La glutamine, acide aminé non essentiel peut manquer dans les situations qui exigent une rapide multiplication des cellules. Brûlure, blessure, pratique sportive, traumatisme, cicatrisation, inflammation, etc. sont susceptibles d’entraîner des carences.

Dans pareilles circonstances, la glutamine devient alors un acide aminé semi-essentiel et sa moindre disponibilité expose le sujet à diverses perturbations : faiblesse immunitaire, vulnérabilité intestinale, baisse des capacités de resynthèses tissulaires et de détoxication, altération du pouvoir tampon qui régule l’acidité des tissus.

Synthèse de la glutamine

La viande, le poisson, les produits laitiers, les céréales (blé, avoine) et les légumes secs constituent de bonnes sources de glutamine. Dans le corps, sa synthèse est essentiellement musculaire et s’effectue à partir d’acides aminés ramifiés (valine, leucine, isoleucine) et de dérivés du métabolisme glucidique (pyruvate, alpha-cétoglutarate). Elle est ensuite distribuée aux tissus utilisateurs.

À quoi sert la glutamine ?

Synthèse tissulaire

La glutamine participe avec les autres acides aminés à la fabrication de nos protéines tissulaires.

Immunité

Cet acide aminé participe à la synthèse et la prolifération cellulaires induites par la réponse immunitaire à une infection ou à une lésion tissulaire. En outre, il constitue un carburant privilégié des globules blancs.
Or, les entraînements intensifs et les compétitions de longue durée (marathon ou ultra-marathon) provoquent une chute du taux plasmatique de cet acide aminé qui peut se prolonger plusieurs jours après l’arrêt de l’effort.

Protection de l’intestin

La glutamine représente une source énergétique pour les cellules intestinales, mais l’organisme en synthétise de plus petites quantités au cours de l’effort. Plus de besoins et moins de ressources créent un stress énergétique qui majore les risques de perméabilité intestinale.

Détoxication

Les efforts intenses, coûteux en énergie, génèrent une production subséquente d’ammoniac (NH3). Ce déchet neurotoxique est fixé par l’acide glutamique, ce qui conduit à la synthèse de glutamine.

Homéostasie acido-basique

L’élimination des acides met en jeu un ensemble de systèmes « tampons » capables de protéger nos tissus d’une acidose métabolique. Or, les régimes pauvres en glucides et hyperprotéinés suivis notamment par de nombreux sportifs à catégories de poids (judokas, lutteurs, boxeurs…) génèrent une plus forte production d’ammoniac et une surconsommation de glutamine dans le rein destinée à compenser l’acidose d’une telle alimentation.

Augmenter ses apports en glutamine

glutamine acide aminé non essentiel

  • Consommer régulièrement des aliments sources de glutamine (viandes, poissons, produits céréaliers, légumes secs. Attention apports réduits dans le cas de régime végétalien).
  • Limiter les régimes hyperprotéinés et trop pauvres en glucides. Ils peuvent induire une surconsommation de glutamine dans le rein nécessaire à la neutralisation des déchets azotés issus de l’oxydation des acides aminés.

Stéphane Delage – Diététicien, micronutritionniste et… traileur

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